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Dieselgate : BMW vivra-t-elle le même calvaire que Daimler et Volkswagen ?

Après Volkswagen et Daimler, BMW se retrouve à son tour dans l’œil du cyclone. En effet, le constructeur bavarois a été mis en cause dernièrement par la presse d’outre Rhin pour une éventuelle triche sur les émissions polluantes de ses moteurs Diesel. BMW vient de publier un communiqué de presse pour démentir catégoriquement toutes les accusations des médias allemands. Cela dit, la commission européenne vient d’annoncer l’ouverture d’une enquête à propos de cette affaire et soupçonne l’existence d’un éventuel cartel automobile allemand.

Quartier général du groupe BMW

Une tricherie à grande échelle !

La tache d’huile n’en finit pas de se répandre. Juste quelques jours après que Daimler ait annoncé le rappel de 3 millions de ses voitures Diesel, c’est maintenant autour de BMW de se défendre face à des accusations de tricherie. D’après « Der Spiegel », l’hebdomadaire d’investigation le plus influent en Allemagne, les 5 fleurons de l’industrie automobile allemande se seraient regroupés dans une sorte de cartel secret depuis les années 90. VW, Audi, Porsche, Daimler, et BMW auraient donc organisé des groupes de travail secrets pour développer des stratégies communes en matière de conception et de développement de leurs moteurs Diesel.

Toujours selon l’hebdomadaire allemand, les cinq marques automobiles allemandes auraient contrôlé toute la chaine de production des systèmes de traitement des émissions polluantes des moteurs Diesel notamment les sous-traitants, les technologies, et les prix des équipements. Cette alliance prétendue avait donc comme objectif principal le contournement des normes antipollution pour réduire les couts de production des moteurs Diesel.

Dieter Zetsche, CEO de Daimler, Harald Krueger, CEO de BMW et Matthias Mueller, CEO de Volkswagen

 

BMW rejette catégoriquement les accusations de la presse allemande

Face à ces accusations, BMW a finalement réagi en publiant un communiqué de presse. Dans ce communiqué officiel, le constructeur bavarois nie catégoriquement toute implication dans cette affaire et rejette toutes les accusations de la presse allemande. Il affirme que les véhicules produits par le groupe ne subissent aucune manipulation et qu’ils sont conformes aux normes exigés par les autorités compétentes. Il réfute également toutes les accusations portant sur un traitement inadéquat des gaz d’échappement sur les modèles Diesel Euro 6. Le constructeur allemand confirme qu’il utilise des technologies innovantes et différentes des autres systèmes disponibles dans le marché.  Pour lui, les discussions avec les autres constructeurs automobiles concernaient uniquement l’installation de l’infrastructure nécessaire pour développer la technologie AdBlue en Europe.

Moteur BMW avec technologie innovante

A la fin de son communiqué, BMW confirme la réalisation prochaine d’une mise à jour logicielle pour tous les modèles Diesel Euro 5. Dans un ton qui rappelle  étrangement celui du communiqué de Daimler à propos du rappel des 3 millions de véhicules Diesel, BMW confirme que la mise à jour logicielle sera gratuite pour les propriétaires et permettra d’optimiser le niveau des émissions polluantes des moteurs ! Toujours selon le groupe allemand, cette action s’inscrit dans le cadre d’une stratégie allemande globale visant à améliorer la qualité d’air dans les villes, et qu’elle est cohérente avec les objectifs du prochain sommet du Diesel qui aura lieu le 2 Août prochain et qui verra la participation de la chancelière allemande Angela Merkel.

Angela Merkel, la chancelière allemande

Suite à toutes ces accusations, la commission européenne vient d’ouvrir une enquête pour savoir si les constructeurs allemands ont vraiment formé la prétendue alliance pour manipuler les niveaux des émissions polluantes de leurs moteurs Diesel. C’est bien toute l’image du label « Made in Germany » qui est mise en jeu dans cette affaire et cela risque d’avoir certainement des retombées très négatives sur l’économie allemande.

1 réponse

  1. En fait le communiqué de presse vise surtout à freiner la chute brutale de l'action BMW qui a plongé en à peine deux jours, se retrouvant à son plus bas niveau depuis 6 mois. Et oui, BMW a beau nier à corps et à cris, les marchés ne l'entendent pas de cette oreille et ceux qui ont investi récemment dans des actions du groupe risquent d'y laisser des plumes. Volkswagen, Mercedes, BMW, le dénominateur commun est l'équipementier Bosch LTD qui conçoit et commercialise les technologies d'injection et de gestion moteur... Cette fois encore, entre les campagnes de rappel, les amendes et l'impact en terme d'image de marque, le cout du dieselgate BMW va se chiffrer en milliards d'euros.

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